1 – Pourquoi avoir fondé la liste Horizon 2025 ?
Briac : L’objectif avec Horizon 2025 est de créer une liste qui représente vraiment les premières années, puisque nous sommes tous deux des premières années et avons créé cette liste, et ce n’est pas quelque chose qui existait déjà auparavant ni quelque chose de créé, mis en place ou développé par des 2ème, 3ème, 4ème ou 5ème année, l’objectif était aussi d’expérimenter autre chose que ce qu’on connais déjà, avec PLC et PNL, et de proposer d’autres projets qui nous tiennent vraiment à cœur.
Morgane : On voulait apporter quelque chose de neuf, avec de nouvelles idées.
1 bis. En quoi l’offre de liste existante ne vous satisfaisait-elle pas ?
Morgane : Ce n’est pas tellement qu’elle ne nous satisfait pas, car pour être tout à fait honnêtes, nous n’avons pas beaucoup été renseignés sur les listes existantes, et nous n’avons pas non plus été contactés par les représentants de ces deux listes. Nous voulions tout de même nous présenter, donc nous nous sommes dit, pourquoi pas en fonder une nouvelle, et tenter notre chance avec quelque chose d’autre.
Briac : C’est vrai, on était pas du tout au courant des deux listes qui existaient déjà et qui semblent assez influentes au sein de l’IEP, car elles s’affrontent au sein de chaque collège, et donc nous avons créé quelque chose d’autre, qui est, je dirais, une vision parallèle aux deux autres, qui n’est pas tout à fait identique et qui forme un bon compromis entre les deux.
1 ter – Votre candidature est-elle une simple réaction au manque d’informations ou le reflet d’un engagement ?
Morgane : On voulait vraiment se présenter au conseil d’administration, et il est vrai qu’il y a peut être eu quelques lacunes concernant le passage d’informations. Si nous avions été en contact avec d’autres personnes nous aurions pu présenter quelque chose de plus ou moins différent.
Briac : C’est vrai qu’on est pas les seuls 1A à être dans ce cas, les deux listes n’ont pas vraiment fait de communication, et il a fallu attendre l’annonce de M.Gattepaille pour en apprendre l’existence. Il y a eu très peu de communication, mais nous ne regrettons en rien d’avoir lancé notre propre liste .
2 – Quel est le programme d’Horizon 2025 pour l’IEP ? Après avoir lu votre profession de foi nous avons du mal à voir en quoi vos mesures vont changer la vie des étudiants
Briac : La question est un peu orientée. Nous avons identifié quatre axes différents, et pour chacun des axes, nous avons proposé différents projets. Ces quatre axes sont l’écologie, en premier lieu, c’est ce qui nous semble vraiment le plus important, l’engagement social, le dialogue et la communication, qui semble assez mauvaise à l’IEP ; et enfin l’investissement pour l’avenir, qui nous tient à coeur étant en des 1A avec pour ambition de rester 5 années.
3 – Cette année l’IEP semble vouloir mettre l’accent sur la sensibilisation aux causes environnementales, avez-vous prévu de vous inscrire dans ce mouvement ?
Morgane : Dans notre profession de foi, nous avons essayé de nous axer sur l’écologie et l’environnement, car c’est quelque chose qui nous semble très important. Comme nous l’avons bien détaillé dans la profession de fois, la communication sur ce sujet semble avoir été efficace, il ne reste plus qu’à mettre en place des choses concrètes pour pouvoir continuer dans cette démarche tous ensemble.
Briac : Exactement, je trouve que le travail de sensibilisation est globalement très bien mené, car tout le monde à plus ou moins conscience des enjeux climatiques, notamment avec la fresque pour le climat à laquelle ont participé tous les 1A. Donc ce qu’on veut c’est proposer des projets plus concrets, pas forcément des projets qui seront impossibles à mettre en place, ou qui vont tout chambouler, ou qui nécessiteraient un très gros budget, mais des petits trucs simples, comme par exemple des poubelles à deux compartiments, ce qui permettrait d’optimiser le tri sélectif, et pour notre projet environnemental, nous nous reposons également sur les associations qui existent déjà dans le cloître, parce que l’objectif n’est pas que le conseil d’administration prenne leur place, mais de s’appuyer sur ce terreau associatif, qui fait déjà un sacré boulot, et de l’aider un plus à avancer dans ce chemin là.
4 – Vous avez de nombreuses propositions en commun avec PLC et PNL. Quelle différence entre Horizon 2025 et PLC/PNL ?
Morgane : Globalement, nous avons des idées convergentes, car nous sommes tous jeunes, tous à l’IEP et avons tous envie de progrès, donc on veut mettre des choses en place qui sont sensiblement similaires.
Briac : Après, on a des avis qui divergent un peu sur certaines questions, j’ai eu le temps de parcourir un peu la profession de foi de PNL. On ne souhaite pas être dans une opposition stérile avec d’un côté des étudiants qui demandent beaucoup de choses, avec des propositions que j’approuve complètement pour la majorité, mais d’un autre côté un refus de toutes les propositions de la direction et qui amènent un face à face. Donc nous, ce qu’on souhaite, c’est reprendre le dialogue et être complètement transparents sur ce qui se passe dans les conseils d’administration et essayer de trouver un terrain d’entente. Ça ne nous dérange pas forcément de faire quelques concessions si en échange, on arrive à mettre en place des projets efficaces pour l’ensemble des étudiants. Après, on ne va pas non plus se laisser marcher sur les pieds par le conseil d’administration et on osera proposer des projets ambitieux. Nous avons donc des projets qui se recoupent comme l’a dit Morgane, mais avec des nuances assez importantes.
5- Certains critiquent la gestion de l’IEP vue comme une gestion d’entreprise, qu’en pensez-vous ?
Morgane : C’est dommage de voir l’IEP comme une entreprise, car c’est avant tout une école qui est censée nous transmettre du savoir et nous accompagner vers la réussite. Pourquoi considérer Sciences po comme une entreprise si ça ne l’a pas été avant ?
Briac : Si je peux me permettre de faire une petite nuance, il faut bien faire la distinction entre le comportement d’entreprise au sein de la direction de Sciences po et le comportement d’entreprise au sens où on va plus se professionnaliser et discuter avec des entreprises dans nos dernières années, pour mieux nous intégrer dans le marché de l’emploi, ce qui manque à beaucoup trop de jeunes, aujourd’hui. Ensuite, concernant l’organisation interne à Sciences po, c’est vrai que j’ai vu passer cette critique dans le programme de PNL, selon laquelle la direction se comporte de plus en plus comme une direction d’entreprise, et comme l’a dit Morgane, ce n’est pas l’objectif premier de Sciences Po.Par exemple, sur les élèves, et concernant M.Christian le Bart, je suppose que la question est tirée de ses propos, nous souhaitons qu’il puisse se faire entendre au conseil d’administration et qu’on puisse rapporter ses dires, sans forcément tout prendre au pied de la lettre et suivre aveuglément ses recommandations. En premier lieu, nous souhaitons rouvrir le dialogue, apporter les différents arguments et les confronter, pour en tirer quelque chose de constructif.
6 – Le CA est réputé ne pas être très utile, seulement 9 élus étudiants ( surtout que deux pour vous ). Comment comptez-vous agir pour surmonter cet obstacle ? Comment comptez-vous vous imposer alors qu’il n’y a que 9 représentants étudiants sur 30 membres, et que vous n’êtes que deux ?
Briac : Alors je vous arrête tout de suite, l’objectif n’est pas de s’imposer dans le conseil d’administration mais plus de mener une réflexion collective, ce n’est pas parce qu’on n’est pas sur la même liste qu’on va forcément être contre les propositions de PNL ou PLC, et vice versa. Ce sera la même chose avec la direction. Certes, les étudiants sont en minorité, mais si on propose des projets concrets et avec une réelle utilité, les autres membres du conseil seront surement partant pour les soutenir.
Morgane : Il ne faut pas voir cela comme une opposition mais au contraire un moyen d’association et de confronter différents points de vue, c’est au travers des multiples regards qu’on pourra avancer. Si le dialogue est bien mené, ce peut être très constructif.
7- La communication autour du CA a été très sommaire auprès des 1A, pouvez-vous expliquer son rôle ?
Briac : On a reçu, il y a trois semaines, je crois, plusieurs documents concernant le rôle du CA qui m’ont semblé assez clairs. Il gère une grande diversité de sujet comme l’enseignement, le budget, l’organisation des études, le règlement intérieur. Les membres participent aussi à de nombreuses commissions (malheureusement pas encore environnementale). Il manquait quelques informations dans ces documents, mais nous avons eu des discussions très enrichissantes avec M.Gattepaille, toutes nos questions ont reçu des réponses, et nous l’en remercions.
Morgane : En revanche, un petit rappel aurait été mérité, car on a pu observer un manque d’information global chez les 1A. Même si les mails fusent à toutes vitesse, un petit mail de rappel n’aurait pas fait de mal, surtout qu’en 1A tout est compliqué et nouveau, sans quoi l’information a sans doute été perdue au milieu d’un tas d’autres choses.
Briac : Je suis tout à fait d’accord avec Morgane, nous avons eu les informations car nous étions intéressé par les élections. Mais, si nous n’avions pas eu la volonté de nous présenter, le mail se serait sûrement perdu dans la masse, malgré l’aspect fondamental du sujet.
8 – Pourquoi s’investir en tant que 1A ?
Briac : Je pense que c’est extrêmement enrichissant, puisqu’on va pouvoir discuter avec tout le comité de direction de SPR. On va également pouvoir dialoguer avec les différents professeurs qui seront présents mais aussi avec les représentants des étudiants des autres années, mais surtout, avec toute la promotion de première année. C’est pour moi une expérience sociale, humaine, qui est vraiment unique, et je pense qu’on a de la chance de pouvoir se présenter.
Morgane : Je pense que c’est super intéressant de s’investir au conseil d’administration et je voudrais vraiment pouvoir aider un maximum de personnes. En 1A, on arrive, on est nombreux, dans un nouvel établissement, et je pense que c’est un bon moyen de s’intégrer dans l’établissement et de comprendre son fonctionnement, en mélangeant les différents points de vue. Ce qui me plairait vraiment ce serait de pouvoir aider les élèves, et plus particulièrement les 1A, parce que c’est l’année où on a le plus besoin de trouver ses marques, où l’on peut avoir le plus de questionnements, et j’aimerais donc pouvoir être là pour leur apporter l’aide nécessaire.
Briac : c’est aussi très formateur de rédiger les comptes rendus, de synthétiser les demandes des élèves, on va apprendre beaucoup de choses.
9 – Votre liste est-elle basée uniquement sur la promo 2025 ou aura-t-elle vocation à s’ouvrir ?
Briac : Il faut savoir qu’on a choisi ce nom d’Horizon 2025 car c’est celui qui correspond le mieux à notre projet actuel. On ne présente qu’une seule liste, mais on peut très bien envisager, si nous sommes élus au conseil d’administration, d’ouvrir cette liste, pour lancer, par exemple la liste Horizon, et présenter des candidats de toutes années. Le parti n’est pas du tout fermé à notre promotion.
Morgane : Dans le cas où nous serions élus, si l’année prochaine, d’autres veulent se joindre à nous, se serait avec grand plaisir que nous les accueillerons.
10 – En peu de mots, pourquoi voter Horizon 2025 le 22 octobre ?
Briac : On vous présente une liste qui est uniquement dédiée aux 1A, pour l’occasion, ce qui est une force car nous ne sommes pas enfermés dans la confrontation qui a été lancée il y a un ou deux ans. On apporte donc un regard nouveau, peut être un petit peu naïf, mais avec une vraie volonté de changement dans l’institut, et ce que l’on veut et qu’on a voulu exprimer avec le nom Horizon 2025, c’est que nous voyons devant nous les cinq années qui nous sont offertes, et ce qu’on peut changer, modifier, ce qu’on peut améliorer durant ces cinq années communes aux 180 1A. C’est quelque chose qu’on va faire en commun, avec les étudiants, mais que l’on ne veut pas faire contre la direction, on veut le faire avec la direction, mais aussi les professeurs, et l’ensemble du personnel de l’IEP, car c’est tous ensemble que nous sommes Sciences Po Rennes, #WeAreSciencesPoRennes.
Propos recueillis par Louis Pernotte, Simon Pernet et Lola Crespel